Confier son cœur… et sa tête à l’intelligence artificielle : bonne ou mauvaise idée ?

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Confier son cœur… et sa tête à l’intelligence artificielle : bonne ou mauvaise idée ? « Je pense que je suis amoureux de mon IA » ; ce message envoyé sur le forum Reddit par un utilisateur en 2024 a attiré l’attention de nombreuses personnes, notamment de celles d’autres entretenant des relations avec des services de compagnons virtuels ou d’intelligence artificielle générative. Ce recours aux applications de type chatbot, capables de tenir une conversation et de simuler des échanges empathiques, est de plus en plus courant à une époque où les jeunes adultes sont touchés par ce que certains nomment « l’épidémie de solitude ». Mais que peuvent réellement offrir ces compagnons virtuels, et quels risques comportent-ils ? Les promesses des compagnons virtuels Pour beaucoup, l’attrait des chatbots réside dans leur disponibilité constante et l’espace d’expression qu’ils offrent. Contrairement aux relations humaines, ils sont accessibles à toute heure, ne jugent pas et s’adaptent aux besoins exprimés par la personne utilisatrice (Baumel et al., 2017). Comme le souligne Vanessa Destiné dans un article rédigé pour le magazine Urbania concernant ses échanges avec un chatbot: « j’ai réalisé que je pouvais parler autant que je voulais sans me sentir coupable de monopoliser la conversation en parlant uniquement de mon nombril. » Pour plusieurs, les chatbots représentent ainsi une aide rapide, toujours accessible et, en apparence, dépourvue de jugement de valeur. Les études sur le sujet montrent que les échanges avec les chatbots peuvent procurer un sentiment de réconfort et contribuer à une amélioration temporaire du bien-être émotionnel. Dans une étude réalisée auprès de personnes utilisatrices de Replika, plusieurs personnes disent se sentir moins seules et de meilleure humeur après leurs conversations avec leur compagnon virtuel (Siemon et al., 2022). Des relations artificielles, vécues comme réelles Pour certaines personnes, l’expérience va bien au-delà d’une simple conversation. Des liens affectifs forts peuvent se développer, parfois comparables à ceux vécus dans des relations humaines. Des personnes utilisatrices ont même qualifié leur chatbot de meilleur ami ou de partenaire amoureux. Quand Replika a retiré la possibilité d’interactions érotiques, plusieurs ont témoigné avoir vécu une véritable perte, assimilable à un deuil émotionnel (De Freitas et al., 2024). Ce vécu repose sur la capacité de ces outils à donner l’impression d’empathie, même si ces émotions ne sont que simulées (Indrayani et al., 2020). Fait intéressant, certaines recherches indiquent que cette expérience peut aussi jouer un rôle de tremplin vers la socialisation : après des échanges réguliers avec un compagnon virtuel, des personnes utilisatrices disent avoir retrouvé un peu de confiance pour interagir avec d’autres dans la « vraie vie » (Inkster et al., 2018). Qu’en pensent les professionnel·le·s de la santé? Du côté des professionnel·le·s de la santé mentale, les avis sont partagés. Certains reconnaissent l’intérêt de ces outils pour rejoindre des personnes qui, autrement, ne chercheraient pas d’aide. Des essais ont montré que les chatbots pouvaient fournir des informations psychoéducatives, un suivi de l’humeur ou encore des techniques simples de gestion du stress (Bendig et al., 2019). Certaines études suggèrent même que ces interactions peuvent avoir une certaine valeur thérapeutique. Par exemple, des chatbots comme Woebot ont montré des effets modestes mais positifs sur les symptômes d’anxiété et de dépression, en offrant un espace pour exprimer ses émotions et en proposant de petites stratégies de gestion (Fitzpatrick et al., 2017; Ta et al., 2020). Cependant, la plupart des spécialistes s’accordent sur une limite claire : ces applications ne peuvent en aucun cas remplacer un suivi thérapeutique ou la richesse des relations humaines. Elles trouvent plutôt leur place comme complément, un soutien parmi d’autres dans une démarche de mieux-être (Mohr et al., 2013). Les zones grises et les risques Si ces compagnons virtuels peuvent représenter une ressource ponctuelle, leur utilisation soulève plusieurs inquiétudes. La première concerne le surinvestissement: certaines personnes en viennent à accorder une place centrale au chatbot, au détriment de leurs relations humaines (Laestadius et al., 2022). Pour des personnes déjà vulnérables, cela peut renforcer l’isolement social plutôt que de l’atténuer (Liu et al., 2024). En matière de santé mentale, les personnes utilisatrices peuvent mal interpréter la nature du soutien fourni par un chatbot, croyant à tort qu’il remplace un véritable thérapeute (Khawaja & Bélisle-Pipon, 2023). Ce malentendu peut entretenir les enjeux de santé mentale et retarder un accès aux soins appropriés. Une autre limite tient au fait que, malgré des réponses parfois convaincantes, un chatbot ne ressent pas d’émotions. L’absence d’empathie véritable finit par se révéler, ce qui peut générer de la déception, voire accentuer le sentiment de solitude (Turkle, 2011). Des chercheurs soulignent que la conception même de ces IA peut intégrer des biais, renforçant des stéréotypes ou fournissant des réponses inappropriées, voire dangereuses, aux personnes en détresse (Pandya et al., 2024). Ces biais s’expliquent par le fait que les modèles sont entraînés à partir de vastes ensembles de données provenant d’Internet, qui reflètent à la fois la richesse mais aussi les angles morts et les inégalités de nos sociétés (Bender et al., 2021). À cela s’ajoutent des préoccupations éthiques et pratiques : les données partagées dans ces conversations sont souvent personnelles et sensibles, et leur gestion par les entreprises pose de sérieuses questions de confidentialité (Piispanen et al., 2024). Enfin, plusieurs auteurs alertent sur le risque d’une « marchandisation de la solitude », où la souffrance affective devient un marché lucratif (Jobin et al., 2019). En commercialisant la détresse émotionnelle via des abonnements ou des services premium, certaines entreprises exploitent une vulnérabilité humaine au lieu de la soulager (Savic, 2024). Cette dynamique crée un modèle économique où l’attachement émotionnel à des entités artificielles devient un produit à vendre. Conclusion Les compagnons virtuels s’imposent comme une réponse partielle à la montée de la solitude. Ils peuvent offrir un espace d’écoute, un soutien ponctuel et même, dans certains cas, contribuer à réduire certains symptômes psychologiques. Mais leur utilisation n’est pas sans risques. En définitive, ils ne doivent pas être vus comme
Phubbing : comment nos téléphones changent la façon d’être ensemble

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Phubbing : comment nos téléphones changent la façon d’être ensemble Aujourd’hui, difficile d’imaginer notre quotidien sans téléphone intelligent. Selon le rapport Digital 2025: Global Overview Report, près de 9 téléphones mobiles sur 10 utilisés dans le monde sont des téléphones intelligents (Kemp, 2025). Ils nous accompagnent partout et ont changé en profondeur notre façon de communiquer, d’apprendre et de travailler. Mais cette connexion constante a aussi un revers : il arrive qu’on accorde plus d’attention à notre écran qu’aux personnes qui nous entourent, que ce soit à la maison, au bureau ou entre ami·e·s. Ce réflexe, devenu presque ordinaire, porte même un nom : le phubbing. L’origine du « Phubbing » Au cours des dernières années, les chercheurs ont porté une attention croissante aux effets négatifs de l’utilisation du téléphone intelligent pendant les interactions sociales, notamment en contexte de conversation (Roberts et David, 2016). Un concept émergent, connu sous le terme « phubbing », a tout d’abord été introduit en 2012 par l’agence McCann Australia dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux impacts de l’usage excessif du téléphone sur les relations interpersonnelles. Ce mot-valise, formé à partir des termes phone (téléphone) et snubbing (snober ou ignorer), réfère au fait d’ignorer une personne physiquement présente en consultant son téléphone (Baranova et al., 2023; Karadağ et al., 2016; Lynchy, 2013; Vanden Abeele et al., 2019). Ce phénomène a, depuis, progressivement gagné en légitimité dans le champ de la recherche, où il est désormais reconnu comme un sujet d’étude pertinent. Des exemples concrets de la vie quotidienne Le phubbing se manifeste dans des situations quotidiennes : par exemple, lorsqu’une personne consulte ses messages pendant un repas en famille, ou lorsqu’un collègue interrompt une conversation pour répondre à une notification. Bien que souvent perçu comme banal ou inoffensif, ce comportement peut altérer la qualité des échanges, générer un sentiment de rejet chez l’interlocuteur, et compromettre la construction de liens sociaux authentiques. Les constats de la littérature scientifique Des synthèses de la littérature scientifique existante ont permit de mieux cerner ce phénomène. Le phubbing a été associé à des comportements d’exclusion sociale (l’autre se sent mis à l’écart), de négligence interpersonnelle (manque d’attention ou d’écoute), et de rupture de communication (interruption ou appauvrissement des échanges) (Capilla Garrido et al., 2021). Récemment, l’équipe de la Chaire de recherche sur les dépendances comportementales a mené une revue de la portée sur le sujet afin de mieux comprendre les expériences vécues par les personnes qui pratiquent le phubbing (phubbers) et celles qui en sont témoins (phubbees) (Deschamps et al., 2025). Plusieurs thèmes sont ressortis de leur consultation des écrits scientifiques : Les motivations derrière le phubbing Pourquoi se tourne-t-on vers son téléphone intelligent même lorsqu’on est entouré·e d’autres personnes ? Les raisons sont nombreuses. Parfois, c’est pour fuir des émotions désagréables comme l’ennui, la solitude, le stress, l’anxiété sociale ou encore la peur de manquer quelque chose (FoMO – Fear of Missing Out). D’autres fois, on cherche simplement à se stimuler : regarder une vidéo, jouer, magasiner en ligne, lire un article ou apprendre quelque chose de nouveau. Le téléphone peut aussi répondre à des besoins très concrets, comme gérer ses tâches, travailler ou avancer ses études. Il permet de rester en lien avec nos proches, de partager sur les réseaux sociaux ou de maintenir une présence dans nos cercles virtuels. Enfin, certains facteurs plus profonds entrent en jeu : une dépendance numérique, un manque de contrôle de soi, une faible estime personnelle, des difficultés de santé mentale ou le besoin de créer une distance avec les autres pour préserver son espace personnel. Les effets du phubbing Le phubbing peut avoir un impact sur plusieurs aspects de la vie quotidienne. Sur le plan émotionnel, il provoque souvent chez la personne ignorée (le phubbee) un sentiment de frustration, de solitude, voire de rejet. Celle ou celui qui phubbe est quant à elle ou lui perçu·e comme impoli·e, distant·e ou peu engagé·e dans l’échange. Sur la santé mentale, les effets peuvent être tout aussi marqués : anxiété accrue, isolement, baisse de satisfaction de vie ou même épuisement professionnel. Ce comportement favorise aussi la dépendance au téléphone, gruge le temps personnel et peut fragiliser le respect mutuel. Dans les relations, il nuit à la qualité des échanges, alimente les conflits et peut mener à l’isolement social. Dans le milieu professionnel ou scolaire, il réduit la concentration, la performance et la cohésion d’équipe. Il existe toutefois des aspects perçus comme positifs, mais seulement par les personnes qui phubbent. Certaines évoquent un accès plus rapide à l’information, des pauses détente, un renforcement des liens sociaux grâce aux échanges en ligne, un sentiment d’appartenance accru ou encore de nouvelles opportunités d’apprentissage. Réduire le phubbing au quotidien Quand on sait à quel point le phubbing peut gruger nos relations et notre bien-être, il peut être tentant, voire bénéfique de chercher à réduire le phubbing au quotidien. Pour limiter l’usage excessif du téléphone en présence des autres, quelques stratégies peuvent être utiles. On peut, par exemple, instaurer des moments ou des espaces sans téléphone par exemple pendant les repas, dans la chambre ou lors des moments en famille. Clarifier les frontières entre le travail et la vie personnelle aide aussi à mieux décrocher et éviter la tentation de se tourner vers son écran. Dans les relations, favoriser la communication sincère et expliciter ses besoins peut réduire les tensions. Enfin, montrer l’exemple en utilisant son téléphone de manière responsable reste l’un des moyens les plus efficaces pour inspirer les autres à en faire autant. Retirer ses œillères Le phubbing n’est pas seulement un geste lié à la technologie : il reflète parfois la place que prennent nos écrans dans nos moments partagés. Sans même s’en rendre compte, on peut se laisser absorber par ce qui se passe en ligne et manquer une partie de ce qui se vit autour de nous. Repenser notre rapport
« J’ai googlé les symptômes… » : ce mal moderne qu’est la cyberchondrie

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. « J’ai googlé les symptômes… » : ce mal moderne qu’est la cyberchondrie La cyberchondrie est-elle l’hypochondrie des temps modernes ? La démocratisation d’Internet a bouleversé notre manière de nous informer sur la santé. Il n’a jamais été aussi facile d’accéder à une montagne d’informations. Selon un sondage canadien, en 2020, près de 69 % des adultes ont déjà cherché en ligne des informations médicales pour eux-mêmes ou leurs proches (Canadian Internet Use Survey, Statistique Canada, 2021). Cette facilité d’accès à l’information favorise l’autonomie, mais peut rapidement devenir anxiogène lorsqu’on interprète chaque symptôme bénin comme le signe d’une maladie grave (Starcevic, 2017). Ainsi, un simple mal de tête peut se transformer en tumeur cérébrale, une fatigue passagère en leucémie. Ce phénomène porte un nom : la cyberchondrie. Bien que le terme « cyberchondrie » ait été introduit en 2001 sur un ton humoristique par Richard Woods, chroniqueur pour le magazine britannique The Independent, il a depuis attiré l’attention des chercheurs. Ceux-ci le décrivent désormais comme un comportement de recherche excessive et difficiles à contrôler, qui augmentent l’anxiété et peuvent nuire à la vie sociale, professionnelle et à la santé mentale (Starcevic & Berle, 2013 ; Starcevic, 2017 ; White & Horvitz, 2009). La cyberchondrie est ainsi une manifestation comportementale de l’anxiété de santé et de l’hypocondrie (Starcevic et al., 2015) N’étant pas encore un diagnostic officiel, il est difficile d’estimer la prévalence globale de la cyberchondrie mais la littérature scientifique suggère que les jeunes adultes constituent une population plus à risque de cyberchondrie (Bahadir et Dundar, 2024; Gergin et al., 2025; Tyrer et al., 2019) La différence avec l’hypochondrie L’hypochondrie, aujourd’hui appelée « trouble anxieux lié à la santé », se caractérise par une peur excessive d’être gravement malade sans preuve médicale, entraînant des consultations répétées ou un évitement des soins (American Psychiatric Association, 2013). La cyberchondrie, quant à elle, est spécifiquement liée à l’utilisation d’Internet : la personne se rassure rarement en recherchant en ligne, car chaque nouvelle recherche augmente l’anxiété. Elle est associée à l’anxiété liée à la santé, l’utilisation problématique d’Internet et les symptômes du trouble obsessionnel compulsif, avec des implications pour la santé publique concernant une altération fonctionnelle et une utilisation modifiée des soins de santé (Arenakis et al., 2021 ; Starcevic et al., 2020). Les conséquences ? La cyberchondrie entraîne des effets négatifs comme une utilisation excessive d’Internet, des troubles mentaux, plus de consultations médicales, un fonctionnement quotidien altéré et une qualité de vie réduite. Elle peut aussi provoquer un soulagement temporaire, par exemple en consultant un médecin, mais favorise souvent des recherches et consultations répétées, une insatisfaction médicale et des modifications de comportements en matière de santé, comme changer de médecin ou acheter des traitements en ligne (Zheng et al., 2021). Ce qui se cache derrière la cyberchondrie La littérature scientifique a mis en évidence deux principaux facteurs susceptibles de prédisposer à la cyberchondrie (Menon et al., 2020 ; Norr et al., 2015 ; Rashid et al., 2022). Le premier est la sensibilité à l’anxiété, c’est-à-dire la tendance à interpréter les sensations physiques liées à l’anxiété comme des signes de danger ou de menace imminente (Reiss & McNally, 1985). Le second est l’intolérance à l’incertitude, un biais cognitif qui pousse certaines personnes à percevoir comme inacceptable et menaçante la simple possibilité qu’un événement négatif survienne, même si sa probabilité est faible (Carleton et al., 2007). D’autres facteurs comme des traits de personnalité et une métacognition dysfonctionnelle, c’est-à-dire des croyances inadaptées sur ses propres pensées, peuvent également prédisposer à une cyberchondrie. Dans certains cas, la cyberchondrie peut-être aussi liée à une maladie sous-jacente (Menon et al., 2020). Outre ces facteurs prédisposants, des déclencheurs possibles comme les pensées ou images intrusives à propos d’une maladie – ou les stimuli environnementaux, comme une conversation sur un problème de santé ou la lecture d’un article alarmant ont été également identifiés (Menon et al., 2020). Enfin, certains facteurs de maintien contribuent à entretenir le cercle vicieux des recherches excessives et de l’anxiété. Parmi eux : la préoccupation constante pour la maladie, utilisée comme une fausse stratégie de réassurance ; l’intolérance persistante à l’incertitude, qui alimente le besoin de tout savoir sur les symptômes ; les croyances sur l’utilité des recherches répétées ; ou encore des « règles d’arrêt » irréalistes, comme l’idée qu’il faut continuer à chercher tant qu’aucune explication parfaitement rassurante n’a été trouvée (Menon et al., 2020). Prévenir la cyberchondrie Si la tentation de chercher ses symptômes en ligne est devenue un réflexe courant, elle peut parfois nourrir l’anxiété au lieu de la calmer. Heureusement, il existe des moyens concrets pour éviter de tomber dans ce piège numérique. Des experts (Menon et al., 2020 ; Starcevic, 2017) proposent plusieurs pistes de prévention, qui agissent à différents niveaux : mieux gérer notre usage d’Internet, améliorer les comportements face à l’incertitude et renforcer la relation avec les professionnels de santé. Voici quelques stratégies clés. Apprendre à reconnaître les informations fiables. Utiliser des sources de santé sérieuses. Limiter l’accès aux fausses informations grâce à des règles ou des outils (p.ex. Obliger les moteurs de recherche à afficher en priorité les sources validées scientifiquement). Utiliser Internet de manière modérée (p.ex. limiter son temps de connexion). Apprendre à mieux accepter l’incertitude et la complexité des infos médicales. Repérer et corriger les fausses croyances sur ses pensées et la santé. La gestion de l’anxiété et l’adoption de techniques de relaxation peuvent également atténuer l’anxiété liée à la santé, laquelle constitue fréquemment un facteur déclenchant de recherches médicales excessives en ligne. (Menon et al., 2020). Peut-on sortir de la cyberchondrie ? Bonne nouvelle : oui, c’est possible de s’en sortir ! L’objectif n’est pas d’arrêter complètement d’utiliser Internet pour sa santé, mais d’apprendre à le faire sans que ça devienne une source d’angoisse. Il s’agit aussi de réduire petit à petit le temps passé à chercher des infos
Désinformation numérique : comprendre ses effets et ses mécanismes

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Désinformation numérique : comprendre ses effets et ses mécanismes Pourquoi c’est important ? Les fausses informations en ligne, particulièrement sur les réseaux sociaux, sont parfois difficiles à repérer. Titres accrocheurs, récits émotionnels, informations choc… Il devient ardu de distinguer le vrai du faux. Pourtant, la désinformation et la mésinformation peuvent avoir de réels effets sur notre santé mentale et nos décisions. Mais de quoi parle-t-on exactement ? La désinformation désigne des contenus faux ou trompeurs diffusés intentionnellement, dans le but de manipuler ou d’induire en erreur. La mésinformation, quant à elle, correspond à des contenus également faux ou trompeurs, mais partagés sans intention malveillante, souvent par des personnes convaincues de leur véracité. Une étude récente publiée dans le Journal of Medical Internet Research (Hudon et al., 2025) s’est intéressée au contenu de vidéos portant sur la santé mentale diffusées sur la plateforme TikTok. Cette étude observationnelle a analysé 1 000 vidéos publiques en français, anglais et espagnol, couvrant 26 thématiques en santé mentale. Leur analyse a révélé que plus d’une vidéo sur trois (36,9 %) contenait de la désinformation ou de la mésinformation. Ces contenus étaient particulièrement fréquents dans les vidéos abordant les troubles neurodéveloppementaux, comme le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou le trouble du spectre de l’autisme (TSA), ainsi que les troubles de la personnalité, notamment les troubles de la personnalité narcissique ou borderline. Ces résultats sont préoccupants, car ils montrent à quel point les réseaux sociaux peuvent devenir des vecteurs puissants de confusion et de stigmatisation. Il est important de souligner que la désinformation et la mésinformation ne se limitent pas à la santé mentale. Elles touchent également des domaines cruciaux comme la politique, les enjeux environnementaux et la santé physique. Par exemple, des campagnes de désinformation ont été documentées autour des élections, du changement climatique ou encore des vaccins, avec des conséquences réelles sur la confiance du public, les comportements et les politiques publiques (OMS, 2024). Quels sont les effets des fausses informations sur la santé mentale ? Des études ont démontré que la désinformation et la mésinformation sont liées à une augmentation de l’anxiété, du stress, de la détresse psychologique et de la dépression. L’impact des informations consultées sur les réseaux sociaux a d’ailleurs été documenté dans une enquête menée par Recherche en santé mentale Canada. Selon les données obtenues auprès de plus de 3000 Canadien.ne,s, deux personnes sur cinq (39 %) déclarent que les actualités consultées sur les réseaux sociaux ont un impact négatif sur leur santé mentale (RSMC, 2024). Parmi les éléments affectant la santé mentale en lien avec la consultation d’informations en ligne, notons la présence des fausses informations qui sont largement relayées sur les plateformes de réseaux sociaux. L’exposition répétée à de fausses informations peut entraîner une surcharge émotionnelle importante. Ce type de contenu joue souvent sur la peur, le doute et la confusion, plongeant les personnes dans un état d’alerte constant. Plusieurs études ont démontré que ce bombardement d’informations anxiogènes peut mener à une augmentation marquée de l’anxiété et du stress (Rocha et al., 2021 ; Verma et al., 2022). L’exposition à des messages contradictoires ou trompeurs alimente un sentiment d’incertitude et de perte de contrôle sur la réalité — deux éléments reconnus comme facteurs de stress importants (Rocha et al., 2021 ; Sijariya et al., 2022). Le fait même de partager involontairement de la fausse information est aussi associé à une élévation du niveau d’anxiété, possiblement en raison de la culpabilité ou de l’inquiétude d’avoir contribué à la propagation d’un contenu potentiellement nuisible (Verma et al., 2022). Sur le plan de la santé mentale, cette surcharge informationnelle et émotionnelle peut avoir des conséquences lourdes. Lorsqu’on ne sait plus à qui ou à quoi se fier, un sentiment d’impuissance peut s’installer. Ce manque de repères fiables contribue à l’émergence du sentiment de solitude ainsi qu’à de l’insécurité, deux facteurs associés à la présence de dépression (Mollo-Torrico, 2023 ; Ikbal, 2023). Des chercheurs notent également que lorsqu’une personne réalise qu’elle a été trompée par de fausses informations, cela peut engendrer une perte de confiance en soi et de la détresse psychologique (Sijariya et al., 2022). Enfin, la désinformation et la mésinformation peuvent avoir un impact direct sur la qualité des décisions que l’on prend, surtout lorsqu’il s’agit de décisions liées à la santé ou à la politique. Se méfier d’un professionnel de la santé mentale à cause de fausses rumeurs, croire qu’un traitement éprouvé est dangereux ou encore refuser de voter à cause de théories du complot sur la fraude électorale sont des exemples concrets de décisions influencées par une information erronée. Ces choix peuvent avoir des conséquences réelles pour les individus… mais aussi pour la société dans son ensemble (Hudon et al., 2025 ; Nela & Parruca, 2023; OMS, 2024). Au-delà des impacts individuels, la désinformation peut aussi entraîner une désaffiliation sociale, notamment lorsqu’elle favorise la radicalisation politique (Smith et al., 2025). En s’immergeant dans des contenus polarisants — souvent nourris par des récits de complots, du discours haineux ou une méfiance extrême envers les institutions — certaines personnes en viennent à se couper progressivement de leur entourage et à rejeter les points de vue divergents. Cette spirale peut mener à l’isolement, à une perte de repères communs, et dans certains cas, à la radicalisation. À long terme, cette fragmentation du tissu social nuit à la démocratie et à la cohésion collective (Smith et al., 2025). Les tactiques cognitives utilisées dans la désinformation Il arrive que des informations fausses soient partagées de bonne foi, sans volonté de nuire. Toutefois, dans d’autres cas, les messages sont délibérément formulés pour tromper l’opinion publique, influencer les croyances ou manipuler les comportements : c’est le domaine de la désinformation. Cette dernière repose souvent sur des stratégies bien rodées. Les études sur la désinformation en ligne révèlent qu’un certain nombre de tactiques
Les jeux de hasard et d’argent en ligne et solitude : une association préoccupante

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Jeux de hasard et d’argent en ligne et solitude : une association préoccupante Une pratique en hausse … et pas sans conséquences Les jeux de hasard et d’argent en ligne (JHAL) connaissent une popularité croissante au Québec. Bien que les JHAL sont une activité qui demeurent sans conséquence pour la majorité des personnes qui s’y adonnent, ils sont identifiés comme l’une des formes les plus préjudiciables de jeu, en raison des méfaits qu’ils causent aux personnes joueuses, à leur entourage et à leur communauté (Kairouz, 2022; Papineau et al., 2018). Parmi les méfaits associés à la pratique des jeux de hasard et plus spécifiquement des JHAL, on retrouve la présence du sentiment de solitude. La solitude chez les personnes qui jouent Le sentiment de solitude, défini comme un écart de satisfaction entre les liens sociaux perçus et souhaités (en terme quantité et de qualité), est reconnu comme un problème de santé publique majeur (Gouvernement du Royaume-Uni, 2018; Lisitsa et al., 2020; Nordmyr & Forsman, 2020; Organisation mondiale de la santé, 2015; Papineau et al., 2018). Les personnes qui jouent aux JHAL semblent être plus nombreuses à ressentir de la solitude que celles qui pratiquent les jeux de hasard et d’argent hors ligne, c’est-à-dire dans les endroits dédiés à ces jeux (Nordmyr & Forsman, 2020; Papineau et al., 2018). Durant la pandémie de COVID-19, la solitude liée aux mesures sanitaires a poussé certaines personnes à se tourner vers les JHAL pour interagir avec d’autres personnes joueuses (Aslan & Kilincel, 2021; Kovačić Petrović et al., 2022). D’autres, cependant, ont ressenti une solitude plus marquée en jouant seuls à domicile (Cardinal et al., 2022). Certaines formes de JHAL, comme le poker en ligne, favorisent davantage les interactions sociales, tandis que d’autres, comme la loterie, sont associées à moins d’échanges (Cardinal et al., 2022). Ensemble, le JHAL et la solitude peuvent amplifier la détresse des personnes et nuire à leur qualité de vie (Gouvernement du Royaume-Uni, 2018; Holt-Lunstad et al., 2015; Organisation mondiale de la santé, 2015). Cependant, la nature et la direction de l’association entre la participation aux JHAL et la solitude est difficile à cerner. C’est pour cette raison que l’Équipe de recherche sur la santé et le bien-être numérique, dans le cadre d’un projet financé par les Fonds de recherche du Québec, s’est lancé dans la réalisation d’un examen systématique de la documentation scientifique portant sur la relation unissant la solitude et les JHAL. Un lien documenté unissant le JHAL et la solitude En dépit du nombre limité de données disponibles dans la littérature existante, les résultats suggèrent que la solitude est fréquemment associée à la participation aux jeux de hasard et d’argent en ligne voire au développement du trouble du jeu de hasard et d’argent en ligne (TJHAL) (Olatunji et al., 2020; Suomi et al., 2024). Le TJHAL est une pratique persistante des JHA, accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle sur ses habitudes de jeu, et entraîne des conséquences sur diverses sphères de la vie de la personne affectée, ainsi que sur ses proches (Kairouz et al., 2012). Dans la population générale, le sentiment de solitude est caractérisé comme un prédicteur de la participation aux JHAL (Karaibrahimoglu et al., 2023; Olatunji et al., 2020; Suomi et al., 2024). Autrement dit, les personnes qui se sentent seules seraient plus à risque de se tourner vers ces jeux. Chez les personnes étudiantes, les personnes qui se sentent seules et qui participent aux JHAL sont plus à risque de présenter un TJHAL. Chez les personnes qui jouent régulièrement aux JHAL, la solitude est associée à un risque accru de développer un TJHAL, notamment pour celles jouant seules et utilisant les JHAL pour faire face à des émotions désagréables (Hing et al., 2015; Khazaal et al., 2017; McCormack et al., 2013; Sauvaget et al., 2015). Quels sont les éléments contribuant à cette association ? Du point de vue sociodémographique, les connaissances restent limitées, mais il semblerait que les hommes éprouvent plus de solitude que les femmes, même si cette différence n’est pas statistiquement significative (Karaibrahimoglu et al., 2023). En ce qui concerne les préférences en matière de JHAL, des associations existent mais aucune conclusion robuste ne peut être émise. Les personnes seules quant à elles semblent préférer jouer contre l’ordinateur, sans utiliser les options de clavardage (Khazaal et al., 2017). Les personnes qui jouent seules aux JHAL, c-à-d sans interaction sociale, courent un risque plus élevé de développer un TJHAL (McCormack et al., 2013). Toujours selon les résultats de l’examen systématique de la documentation scientifique, les personnes qui ont peu ou pas d’activités sociales, ou qui sont isolées en raison d’événements de vie difficiles (p.ex. la perte d’un être cher), une situation d’handicap et des problèmes de santé mentale ont aussi été identifiées comme plus sujettes à vivre de la solitude et de se tourner vers les JHAL pour pallier cette solitude. Ces personnes sont également plus à risque de développer un TJHAL (Hing et al., 2015; Karaibrahimoglu et al., 2023; Sauvaget et al., 2015). Que retenir ? Ainsi, sur la base de l’examen systématique de la documentation scientifique disponible à ce jour, il semble que : La solitude est identifiée comme un prédicteur du JHAL voire du TJHAL. Des facteurs de vulnérabilité semblent renforcer la relation entre la solitude et le JHAL. Cette relation mérite d’être étudiée davantage considérant le peu de données disponibles Dernière réflexion Les résultats de cet examen systématique soulignent que la solitude peut jouer un rôle important dans le recours aux JHAL. Mieux comprendre le lien entre solitude et JHAL, c’est une façon de mieux prévenir les risques et d’ouvrir la discussion sur des solutions plus saines pour briser l’isolement. En savoir plus Les résultats de ce projet s’inscrivent dans la lignée des initiatives Connexion de l’Équipe SBEN. Ces projets visent à mieux comprendre la relation complexe entre les activités en ligne et le sentiment de solitude accru
Le FoMO : comprendre l’anxiété de ratage et ses effets sur le bien-être

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Le FoMO : comprendre l’anxiété de ratage et ses effets sur le bien-être Le Fear of Missing Out (FoMO), ou « anxiété de ratage » en français, est un phénomène psychologique de plus en plus courant en raison de notre utilisation du numérique. Le FoMO se manifeste par une peur ou un stress à l’idée que d’autres vivent des expériences enrichissantes dont on serait exclu·e. Ce sentiment, souvent amplifié par l’usage des réseaux sociaux, peut avoir des répercussions importantes sur la santé mentale, les relations sociales et la satisfaction de vie. Des impacts bien réels sur la santé psychologique Les études récentes démontrent que le FoMO affecte négativement le bien-être psychologique et social des jeunes adultes. Plus une personne ressent du FoMO, plus elle est susceptible d’éprouver de l’anxiété, du stress ou encore des symptômes dépressifs (Semarajana et al., 2024). Le FoMO est également lié à une diminution de l’estime de soi et du bien-être subjectif. Selon la science, ce phénomène est particulièrement marqué chez les membres de la génération Z, fortement engagés sur les réseaux sociaux (Chakrabarti, 2024). Sur le plan social, le FoMO affecterait négativement le sentiment d’appartenance sociale et la satisfaction de vie. Il est associé à des sentiments d’exclusion et à l’impression de ne pas être à la hauteur, notamment chez les personnes ayant tendance à comparer leurs expériences à celles mises en scène par autrui sur les plateformes numériques (Littman‐Ovadia & Russo‐Netzer, 2024). Ce mécanisme de comparaison sociale contribue à une baisse du bien-être général, comme le montre une corrélation négative entre FoMO et satisfaction de vie chez les jeunes adultes (Prabowo & Dewi, 2021). La connectivité constante accentue ce sentiment de manque, car les utilisateur·trice·s sont continuellement exposé·e·s aux expériences des autres (Vemuri, 2024). Comment éviter que le FoMO nous affecte ? Pour réduire le FoMO, plusieurs pistes d’action sont envisageables, tant au niveau individuel que dans notre rapport aux contenus que nous consommons en ligne. Il ne s’agit pas nécessairement de diminuer le temps passé sur les réseaux, mais surtout d’agir sur notre manière d’y être présent·e. Voici quelques stratégies concrètes : Développer la patience et l’autocontrôle Ces compétences aident à mieux gérer les pensées et émotions liées à l’usage des réseaux sociaux. Une étude a montré que le fait de travailler sur le développement de la patience peut réduire significativement le FoMO chez les utilisateur·trice·s d’Instagram (Pratiwi & Supriatna, 2024). Cela peut passer par des pratiques comme la pleine conscience, la respiration consciente ou encore l’entraînement à différer les gratifications (ex. : retarder volontairement la consultation d’une notification ou l’ouverture d’une application). Pratiquer la déconnexion numérique Intégrer des pauses régulières loin des écrans et restructurer ses habitudes peut apaiser le besoin de rester connecté·e constamment. Cela permet de prendre du recul et de retrouver un sentiment d’autonomie face à notre utilisation du numérique (Yıldırımer & Yentür, 2024). Renforcer le soutien social Travailler son réseau et s’entourer de relations significatives contribue à satisfaire nos besoins psychologiques fondamentaux. Les personnes qui tendent à entretenir leur cercle social et qui maintiennent des relations authentiques sont moins susceptibles de ressentir du FoMO (Dou et al., 2021). Prendre conscience des comparaisons sociales Observer les moments où l’on se compare aux autres en ligne peut être un point de départ pour réfléchir aux actions à poser vis-à-vis de ce contenu. Des pistes concrètes peuvent inclure : désactiver les notifications de certaines applications, suivre des comptes qui valorisent l’authenticité, ou encore prioriser du contenu qui fait du bien et qui n’engage pas la comparaison. Ces changements, bien que simples, peuvent avoir un impact significatif sur le bien-être numérique. Les plateformes comme catalyseurs de FoMO Les plateformes de réseaux sociaux jouent un rôle central dans notre expérience du FoMO. Conçues pour capter et retenir notre attention, elles exploitent des mécanismes psychologiques — dont le FoMO — pour nous inciter à rester connectés le plus longtemps possible. Elles favorisent la connexion constante et exposent les utilisateur·trice·s à des contenus soigneusement sélectionnés, ce qui encourage la comparaison sociale et alimente un sentiment d’inadéquation (Yıldırımer & Yentür, 2024 ; Chakrabarti, 2024). Ces plateformes alimentent également le besoin de maintenir une présence en ligne et de ne rien manquer, ce qui peut nous pousser à les consulter plus fréquemment qu’on ne le souhaiterait réellement, par crainte de passer à côté de quelque chose (Bekman, 2022). Cette architecture persuasive invite donc à la vigilance : il devient essentiel d’adopter une utilisation consciente des réseaux sociaux, en portant attention aux émotions et aux pensées qui émergent lorsque nous faisons défiler les contenus. En prenant conscience de ces dynamiques, il devient possible de poser des choix plus éclairés : modérer son temps d’écran, ajuster ses paramètres d’algorithme ou encore suivre des comptes qui valorisent l’authenticité et réduisent la pression sociale. Une telle posture permet de transformer notre rapport aux réseaux sociaux pour en faire un espace plus sain, aligné avec notre bien-être. Vers un usage plus conscient des réseaux sociaux Plutôt que de viser une déconnexion totale des réseaux sociaux, ou de culpabiliser leur usage, il s’agit de mieux comprendre les mécanismes qui influencent nos comportements numériques. Le FoMO est une réaction humaine et compréhensible dans un monde ultra-connecté. En adoptant une approche bienveillante et informée, chacun·e peut explorer des moyens de se réapproprier son expérience en ligne, de cultiver une relation plus équilibrée aux écrans et de favoriser son bien-être numérique, un pas à la fois. Références Alutaybi, A., Al-Thani, D., McAlaney, J., & Ali, R. (2020). Combating Fear of Missing Out (FoMO) on Social Media: The FoMO-R Method.International Journal of Environmental Research and Public Health. https://doi.org/10.3390/IJERPH17176128 Alutaybi, A., McAlaney, J., Stefanidis, A., Phalp, K., & Ali, R. (2018).Designing social networks to combat fear of missing out.https://doi.org/10.14236/EWIC/HCI2018.80 Basiroen, V. J., & Hapsari, A. (2018). Creating an Awareness Campaign Against the Fomo Phenomenon in Young Adults’ Social Media Usage.Humaniora.
Plus connectés, plus isolés ? Le paradoxe unissant les réseaux sociaux au sentiment de solitude

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Plus connectés, plus isolés ? Le paradoxe unissant les réseaux sociaux au sentiment de solitude Les jeunes adultes sont considérés comme la génération la plus connectée, avec une utilisation des réseaux sociaux qui a explosé au cours de la dernière décennie. Ces plateformes offrent des opportunités inédites pour rester en contact, échanger et élargir ses cercles sociaux. Pourtant, un paradoxe inquiétant émerge : malgré ces possibilités accrues de connexion, les jeunes adultes sont également au cœur de ce que plusieurs appellent l’épidémie de solitude. Selon des études récentes, les jeunes adultes rapportent des niveaux de solitude significativement plus élevés que les autres groupes d’âge (Barreto et al., 2021). Comment expliquer que des outils conçus pour rapprocher les individus puissent coexister avec un sentiment croissant de solitude ? Peut-on réellement établir un lien direct entre l’utilisation des réseaux sociaux et cette solitude ? Ces questions complexes sont explorées par l’équipe de recherche sur la Santé et le Bien-Être numérique dans le cadre des initiatives Connexion. Nous vous présentons ici le fruit d’une récente recension de la documentation scientifique portant directement sur la relation unissant l’utilisation des réseaux sociaux et le sentiment de solitude chez les jeunes adultes (Légaré et Caron, 2025). Comprendre la solitude : bien plus qu’être seul.e La solitude est bien plus qu’une absence de contacts physiques ou sociaux. Elle se définit comme un décalage entre la connexion sociale perçue et celle que l’on désire, que ce soit en quantité ou en qualité (Lisitsa et al., 2020). Autrement dit, même au milieu d’une foule ou en ligne, on peut ressentir un vide social. Ce sentiment peut être ponctuel, mais lorsqu’il persiste, il devient un facteur de risque pour la santé mentale et physique, augmentant les risques de dépression, d’anxiété, et même de maladies cardiovasculaires (Hawkley & Cacioppo, 2010). L’effet des réseaux sociaux sur la solitude : un paradoxe à double tranchant Les réseaux sociaux, qui promettent de rapprocher les gens, n’ont pas toujours les effets attendus. Notre revue de la documentation scientifique révèle que la fréquence et l’intensité de leur utilisation jouent un rôle central dans l’expérience de la solitude. Les comportements passifs, comme le défilement incessant des fils d’actualité ou l’observation des publications d’autrui sans interaction, sont particulièrement associés à une augmentation du sentiment de solitude. Ces comportements encouragent souvent la comparaison sociale, qui peut creuser le fossé entre la vie idéale perçue des autres et sa propre réalité. À l’inverse, un usage actif des réseaux sociaux, comme interagir avec des ami.e.s proches ou partager des contenus authentiques, peut atténuer ce sentiment. Cependant, même les comportements actifs ne garantissent pas toujours des résultats positifs, surtout si les interactions en ligne manquent de profondeur ou ne mènent pas à des relations significatives hors ligne. L’importance des comportements en ligne : tout est dans la manière La façon dont on interagit sur les réseaux sociaux influence profondément le lien avec la solitude. Les comportements passifs amplifient souvent les sentiments de vide, tandis que les comportements actifs peuvent aider à créer des connexions plus authentiques. Cela dit, toutes les interactions actives ne se valent pas. Par exemple, commenter des publications ou partager du contenu peut parfois sembler engageant, mais si ces échanges ne reçoivent pas de réponses significatives ou sincères, ils risquent de laisser une impression de déconnexion. De plus, les intentions derrière l’utilisation des réseaux sociaux comptent tout autant que les comportements eux-mêmes. Utiliser ces plateformes pour valider son image ou chercher l’approbation des autres peut accentuer indirectement le sentiment de solitude. À l’inverse, un usage intentionnel et orienté vers des interactions de qualité peut aider à maintenir un équilibre émotionnel, et prévenir de l’apparition du sentiment de solitude. Le rôle des plateformes : quand la structure accentue la solitude Au-delà des comportements individuels, la structure même des réseaux sociaux influence l’expérience des utilisateur.trice.s. Les algorithmes, conçus pour maximiser le temps passé en ligne, favorisent souvent des comportements passifs comme le défilement infini (doom scrolling) ou la consommation de contenu suggéré. Ces mécanismes n’encouragent pas toujours des connexions sociales significatives. De plus, la valorisation des contenus populaires, souvent mesurée en « likes » ou en partages, renforce une culture de la comparaison sociale. Ces dynamiques peuvent exacerber les sentiments de solitude, particulièrement chez les jeunes adultes qui sont dans une phase de vie où l’appartenance et les relations sociales jouent un rôle crucial dans le développement personnel (Danneel et al., 2020). Vers une utilisation intentionnelle des réseaux sociaux Les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement négatifs, mais leurs effets dépendent fortement de la manière dont ils sont utilisés. Pour contrer l’épidémie de solitude chez les jeunes adultes, il est essentiel d’encourager un usage intentionnel, actif et axé sur des interactions de qualité. Cela implique également de repenser la structure des plateformes elles-mêmes, en plaidant pour des designs qui favorisent les connexions authentiques plutôt que les simples clics et le temps passé. En savoir plus Les résultats de ce projet s’inscrivent dans la lignée des initiatives Connexion de l’Équipe SBEN. Ces projets visent à mieux comprendre la relation complexe entre les activités en ligne et le sentiment de solitude accru chez les jeunes adultes. En plus d’explorer les dynamiques à l’œuvre, les initiatives Connexion ont pour objectif de dégager des pistes de solution concrètes pour favoriser un usage numérique plus équilibré et promouvoir un meilleur bien-être social et émotionnel. Pour en savoir davantage sur nos travaux et découvrir nos recommandations, suivez-nous sur nos différentes plateformes et restez à l’affut des nouvelles parutions sur SBEN.ca! Références Barreto, M., Victor, C., Hammond, C., Eccles, A., Richins, M. T., & Qualter, P. (2021). Loneliness around the world: Age, gender, and cultural differences in loneliness. Personality and Individual Differences, 169, 110066. https://doi.org/10.1016/j.paid.2020.110066 Danneel, S., Geukens, F., Maes, M., Bastin, M., Bijttebier, P., Colpin, H., Verschueren, K., & Goossens, L. (2020). Loneliness, social anxiety symptoms, and depressive symptoms in adolescence: Longitudinal
Les jeux de hasard et d’argent et technologies numériques : un duo risqué ?

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Jeux de hasard et d’argent et technologies numériques : un duo risqué? Les jeux de hasard et d’argent en ligne (JHA) ont gagné en popularité, notamment chez les jeunes adultes. De fait, entre 6 et 10 % des joueur.se.s actuel.le.s ont commencé à parier sur une activité de jeu en ligne depuis la pandémie de COVID-19 et entre 8 et 13 % indiquent avoir passé des paris hors ligne vers le jeu en ligne (Kairouz et al., 2023). À une époque où tout est accessible en un clic, ces jeux présentent une opportunité excitante de s’évader, de tenter sa chance et, peut-être, de gagner de l’argent rapidement. Néanmoins, derrière les lumières vives et les promesses de gains faciles, se cachent des risques parfois sous-estimés. L’attrait des jeux en ligne À première vue, les JHA en ligne, qu’il s’agisse de poker, de paris sportifs ou de machines à sous virtuelles, offrent un certain nombre d’avantages. Les plateformes sont accessibles 24 heures sur 24 et la diversité des jeux est immense. Les promotions attrayantes, telles que les bonus de bienvenue et les paris gratuits, sont conçues pour attirer de nouveaux joueurs. Cet attrait est notamment démontré par la participation croissante aux jeux en ligne. Au Québec, 2 % des Québécois rapportaient avoir joué à un jeu en ligne en 2009 et cette proportion est passée à 21 % en 2021. La mécanique psychologique des jeux de hasard Derrière l’apparente simplicité du hasard, les JHA intègrent des mécanismes conçus pour maximiser l’engagement des personnes joueuses. Les plateformes de jeu en ligne utilisent des mécanismes psychologiques sophistiqués pour garder les personnes engagées. L’une de ces tactiques est le renforcement intermittent, où les gains sont distribués de manière imprévisible, créant une anticipation constante. Les joueur.se.s continuent de miser en espérant que le prochain tour sera celui qui changera leur vie. Les plateformes en ligne sont également conçues pour minimiser la perception des pertes. Par exemple, lorsque l’argent est transformé en jetons virtuels ou en crédits, la valeur réelle de l’argent dépensé devient floue. Les gains occasionnels, même minimes, activent le circuit de la récompense dans le cerveau, créant une sensation de plaisir qui incite les joueur.se.s à continuer. Chez les jeunes adultes, le développement cérébral en cours peut favoriser une sensibilité accrue aux récompenses immédiates. Qu’est-ce qui peut nous inciter à jouer en ligne? Influence des pairs L’influence des pairs et le désir de s’intégrer peuvent pousser les jeunes adultes à commencer à jouer en ligne. Voir des personnes proches ou encore des influenceur.se.s s’adonner aux JHA en ligne peut normaliser ce comportement et le positionner comme une activité sociale régulière (Kim et al., 2017). Aussi, de nombreux sites offrent la possibilité de jouer avec des amis ou d’autres personnes du monde entier, créant ainsi une communauté en ligne où les JHA deviennent un moyen de socialisation. Publicité et promotions Les plateformes de jeux en ligne utilisent souvent des stratégies de marketing qui peuvent être considérées agressives, notamment des paris gratuits et des bonus d’inscription, pour attirer de nouveaux utilisateurs (McGee, 2020). Ces promotions rendent le jeu plus attrayant et donne l’impression que la participation est moins risquée (Kim et al., 2017). Accessibilité et commodité La possibilité de jouer à tout moment et n’importe où grâce aux téléphones intelligents et autres appareils numériques rend les JHA en ligne très accessibles (McGee, 2020). Cette commodité peut conduire à des épisodes de jeu plus fréquents voire impulsifs (Barrera-Algarin et Vazquez-Fernandez, 2021). Évasion de la réalité Pour certains, le jeu offre une échappatoire aux problèmes du monde réel, tels que le stress, la solitude et la dépression (King et al., 2010). L’excitation et la distraction offerte par le jeu peuvent temporairement atténuer ces sentiments, ce qui en fait une activité attrayante pour ceux qui luttent contre des problèmes de santé mentale (Sirola et al., 2019). Quels sont les risques associés à la pratique des JHA en ligne? Bien que pour la plupart des personnes qui s’adonnent aux JHA en ligne, cela demeure une activité récréative générant peu de conséquences, certaines personnes peuvent toutefois en éprouver diverses répercussions négatives. Les JHA en ligne sont en effet reconnus comme une forme de jeu particulièrement susceptible de causer des méfaits chez les personnes joueuses, plus que d’autres types de JHA (INSPQ, 2019). Conséquences financières Le jeu peut entraîner des problèmes financiers importants, y compris des dettes pouvant parfois conduire une personne à la faillite (McGee, 2020). L’attrait du gain peut pousser certaines personnes à parier plus qu’ils ne peuvent se permettre de perdre, ce qui entraîne une précarité financière et un endettement (Barrera-Algarin et Vazquez-Fernandez, 2021). Problèmes de santé mentale Les JHA peuvent également avoir de graves répercussions sur la santé mentale. Le stress et l’anxiété liés aux pertes de jeu peuvent conduire à la dépression et à d’autres troubles psychologiques (King et al., 2010). Parmi les méfaits associés à la pratique des jeux de hasard et d’argent en ligne, il semble que les personnes s’adonnant à cette forme de jeu sont plus nombreuses à rapporter vivre un sentiment de solitude que les personnes s’adonnant aux jeux de hasard et d’argent hors ligne, et que les personnes ne jouant pas aux jeux de hasard et d’argent. Dépendance et problèmes liés au jeu Finalement, parmis les risques associé à la participation aux JHA en ligne, notons la possibilité de développer une dépendance aux JHA, que l’on nomme Trouble lié au jeu d’argent (Goldstein et al., 2016). Le trouble lié au jeu d’argent se caractérise par une pratique persistante des JHA, accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle sur ses habitudes de jeu, et entraîne des conséquences sur diverses sphères de la vie de la personne affectée, ainsi que sur ses proches. Des études ont démontré que les jeunes adultes qui jouent en ligne sont plus susceptibles de développer un troubles
Comment les écrans nous accrochent?

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. Comment les écrans nous accrochent ? Des pauses d’études plus longues que prévu, des petits temps morts qui s’allongent sur une heure ou encore « une dernière vidéo » qui n’était pas la dernière ? Comment se fait-il que nous soyons parfois si captivés par les écrans que le temps semble filer rapidement ? Notre intérêt envers les différentes plateformes numériques peut s’expliquer par le modèle Hooked, une théorie élaborée par Nir Eyal. Le modèle Hooked propose une explication sur la manière dont les différentes plateformes numériques captent et gardent notre attention. Ce modèle est particulièrement pertinent dans notre monde hyperconnecté, où les écrans jouent un rôle central dans nos comportements quotidiens. Il se compose de quatre étapes clés : le déclencheur, l’action, la récompense variable et l’investissement. Chaque étape contribue à créer une sorte de boucle qui peut nous rendre accrochés aux applications, aux réseaux sociaux ou aux jeux, et nous pousser à y revenir constamment. Le déclencheur La première étape du modèle est le déclencheur qui peut être externe ou interne. Les déclencheurs externes sont ceux qui proviennent de notre environnement numérique. Il s’agit des différents stimuli générés par les plateformes afin de nous attirer vers celles-ci. Par exemple, sur Instagram, une notification du style « Quelqu’un a aimé ta photo » est un déclencheur externe. Dès qu’elle s’affiche, vous êtes tenté d’aller voir qui a réagi, ce qui vous ramène sur l’application. Cela peut aussi être les nouvelles stories de vos amis ou influenceurs qui vous font ouvrir l’application. Sur d’autres plateformes, cela peut aussi être une alerte d’un jeu comme « Ta mission est prête ! ». Les déclencheurs internes proviennent du monde intérieur de la personne devant l’écran. Il s’agit de vos pensées et émotions. Par exemple, quand vous vous ennuyez pendant une pause, vous pouvez être tenté d’ouvrir TikTok ou YouTube pour faire défiler des vidéos et tuer le temps. Autre exemple, si vous vous sentez un peu seul, vous pouvez vous connecter à Snapchat ou WhatsApp pour parler à des amis ou juste voir ce qu’ils font. Ces déclencheurs internes sont le point de départ du cycle d’accroche, vous poussant à ouvrir votre téléphone ou votre ordinateur sans vraiment y réfléchir. L’action Après le déclencheur, on passe à l’action. C’est là que vous faites quelque chose en attendant une récompense. Les différentes plateformes s’assurent que l’action que vous devez faire soit la plus facile et rapide possible. C’est en quelque sorte la « loi du moindre effort » pour être récompensé. Ainsi, sur Twitter ou Instagram, l’action peut être simplement de faire défiler le fil d’actualité ou de cliquer sur une notification. Rien de plus facile. Les plateformes rendent cela simple : un mouvement du pouce, un clic, et hop, vous êtes engagé. Les publicités sur les plateformes sont également des actions faciles pour l’utilisateur. Vous avez peut-être remarqué que, sur YouTube ou Instagram, les publicités vidéo commencent souvent sans que vous ayez à faire quoi que ce soit. Elles captent votre attention sans effort, contrairement à une bannière où vous devez cliquer pour en savoir plus. Dans cette phase, plus l’action est simple et rapide, plus vous la faites sans y penser. La récompense variable C’est ici que la magie du modèle Hooked opère vraiment : la récompense variable. Contrairement aux récompenses fixes, les récompenses variables créent une sorte de suspense, parce que vous ne savez jamais ce que vous allez obtenir. Par exemple, après avoir publié une photo sur Instagram, la récompense c’est le nombre de « j’aime », de vues ou de commentaires que vous allez recevoir. Ce qui est excitant, c’est que vous ne savez jamais combien vous en aurez ni qui va réagir. C’est cette incertitude qui vous pousse à regarder sans arrêt. De plus, d’autres types de récompenses variables peuvent être obtenus à travers les réseaux sociaux, comme avoir des interactions avec un influenceur. Des jeux comme « Clash Royale » ou « Fortnite » exploitent efficacement ce concept. À chaque nouvelle partie, vous pouvez gagner un truc rare ou obtenir un bonus aléatoire, et ça, c’est addictif. Vous continuez à jouer parce que vous espérez toujours tomber sur la grosse récompense. Cette imprévisibilité stimule votre cerveau et vous donne envie de revenir pour voir ce que vous allez décrocher la prochaine fois. L’investissement La dernière étape du modèle Hooked, c’est l’investissement. C’est lorsque vous donnez quelque chose de vous-même au produit, ce qui vous rend encore plus accroché et vous pousse à y retourner. Passer du temps à personnaliser votre profil, à regarder fréquemment le profil de vos influenceurs préférés, ou à commenter les photos de vos amis, sont tous des exemples où vous investissez dans la plateforme. Plus vous passez de temps à construire votre profil ou à interagir avec les autres, plus vous serez attaché à l’application, car tout cela représente un investissement personnel. La même technique se retrouve sur des plateformes comme Spotify ou Netflix. L’investissement peut être le temps que vous passez à créer des listes d’écoute ou à regarder des séries. D’une part, il y a du contenu franchement intéressant et pertinent sur toutes les plateformes numériques, ce qui assure ainsi votre investissement. D’autre part, plus vous vous impliquez sur ces plateformes, plus les recommandations de contenu sont adaptées à vos goûts et deviennent personnalisées, ce qui vous donne encore plus envie d’y passer du temps. Ce processus vous rend « fidèle » à la plateforme : vous avez investi tellement de temps et d’efforts qu’il devient difficile d’arrêter d’utiliser l’application. En résumé, le modèle Hooked propose une explication théorique sur la manière dont les plateformes numériques peuvent nous attirer et maintenir notre intérêt. Les quatre étapes, déclencheur, action, récompense variable et investissement, sont soigneusement conçues pour capter notre attention et nous garder connectés. Que ce soit en scrollant sur Instagram, en jouant à un jeu mobile ou en regardant des
La fatigue numérique, c’est quoi?

SBEN.ca, votre allié pour comprendre les effets du numérique sur votre santé mentale et vous accompagner vers un équilibre. La fatigue numérique, c’est quoi? Sentiment de surcharge, fatigue oculaire, concentration diminuée… Et si votre utilisation des écrans entraînait une fatigue numérique ? La fatigue numérique est une conséquence de l’utilisation généralisée des technologies dans notre quotidien. Ce phénomène, qui est signe d’un épuisement mental et physique associé à une utilisation prolongée des appareils numériques, touche particulièrement les jeunes adultes. Les manifestations de la fatigue numérique peuvent considérablement altérer le fonctionnement quotidien et la qualité de vie, ayant des implications multiples pour la santé mentale, notamment une surcharge cognitive, un épuisement émotionnel et un déclin du bien-être général. Définition de la fatigue numérique La fatigue numérique se définit comme un état de fatigue générale causé par une exposition prolongée aux écrans et à la technologie numérique. Elle peut entraîner une variété de symptômes, tant physiques que mentaux, incluant la fatigue visuelle, les maux de tête, et des troubles de concentration. Les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables aux effets de la fatigue numérique en raison de leur utilisation extensive des appareils numériques à des fins académiques, professionnelles et récréatives. La prévalence des symptômes de fatigue numérique a augmenté au cours des dernières décennies, atteignant son apogée dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Les signes de la fatigue numérique Les implications de la fatigue numérique vont au-delà du simple inconfort ; elles peuvent avoir un impact significatif sur la performance cognitive et le bien-être général. Tant les paramètres d’utilisation des outils numériques que les activités réalisées sur les écrans sont associés à ce phénomène. Un aspect significatif de la fatigue numérique est la surcharge cognitive associée à l’utilisation prolongée des outils de communication numérique, tels que les plateformes de visioconférence. La visioconférence peut entraîner une « fatigue Zoom », caractérisée par une augmentation de l’épuisement mental en raison des exigences cognitives accrues liées au traitement des indices non verbaux et au maintien de l’attention dans un environnement virtuel. Cette surcharge cognitive est exacerbée par le manque de pauses visuelles et la fusion des espaces personnels et professionnels, ce qui peut conduire à des sentiments d’irritation et d’épuisement. Les conséquences psychologiques de cette fatigue sont profondes, se manifestant souvent sous forme de symptômes d’anxiété, de dépression et d’une diminution de la productivité. Le phénomène de la fatigue numérique chez les jeunes adultes est également associé à l’utilisation des réseaux sociaux. Certaines personnes rapportent une fatigue spécifique aux réseaux sociaux, caractérisée par un sentiment de surcharge et de désengagement en raison de l’afflux constant d’informations et de la pression de maintenir une présence en ligne. L’utilisation des réseaux sociaux est associée à la surcharge informationnelle, ainsi qu’à un phénomène de comparaison sociale problématique, conduisant parfois à des symptômes d’épuisement physique et mental. De plus, la fatigue numérique liée aux réseaux sociaux est exacerbée par le phénomène du FOMO (fear of missing out, ou « la peur de manquer quelque chose »). Les personnes sujettes au FOMO se sentent souvent contraintes de rester connectées pour éviter de rater d’importantes interactions sociales, ce qui entraîne une utilisation prolongée et, ultimement, une fatigue numérique. Des impacts physiques… En outre, la fatigue numérique peut également être liée à des symptômes physiques, tels que la fatigue oculaire numérique, qui comprend l’inconfort, la vision floue et les maux de tête résultant d’un temps d’écran prolongé. Des recherches indiquent que la taille de l’écran peut influencer le degré de fatigue visuelle ressenti par les utilisateurs. Les petits écrans, tels que ceux des téléphones intelligents, entraînent des niveaux de fatigue oculaire significativement plus élevés par rapport aux écrans plus grands. Cela est attribué aux caractères plus petits affichés sur ces écrans, qui nécessitent plus d’efforts pour se concentrer, augmentant ainsi la tension visuelle. Les facteurs environnementaux entourant l’utilisation des écrans, tels que l’éclairage ambiant et la luminosité de l’écran, jouent également un rôle critique dans le développement de la fatigue oculaire. Les jeunes adultes souffrant de fatigue oculaire peuvent avoir des difficultés à se concentrer, ce qui entraîne une diminution de la productivité et une augmentation des niveaux de stress. Cela est particulièrement préoccupant dans les milieux académiques où une attention soutenue est cruciale pour l’apprentissage et la rétention de l’information. La charge cognitive associée à une utilisation prolongée des écrans peut entraîner une fatigue mentale, qui aggrave les symptômes physiques de la fatigue oculaire, créant ainsi un cycle vicieux de fatigue et de réduction de la performance. En conclusion, la fatigue numérique représente une interaction complexe de défis cognitifs, émotionnels et physiques résultant d’un engagement numérique excessif. Les implications pour la santé mentale sont significatives, nécessitant une approche globale pour atténuer ses effets. Références Ashiru, J.-A., Oluwajana, D., & Biabor, O. S. (2022). Is the Global Pandemic Driving Me Crazy ? The Relationship Between Personality Traits, Fear of Missing Out, and Social Media Fatigue During the COVID-19 Pandemic in Nigeria. International Journal of Mental Health and Addiction, 21(4), 23092324. https://doi.org/10.1007/s11469-021-00723-8 Bailenson, J. N. (2021). Nonverbal Overload : A Theoretical Argument for the Causes of Zoom Fatigue. Technology Mind and Behavior, 2(1). https://doi.org/10.1037/tmb0000030 Berger, M. N., Taba, M., Marino, J. L., Lim, M. S. C., & Skinner, S. R. (2022). Social Media Use and Health and Well-Being of Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, and Queer Youth : Systematic Review. Journal of Medical Internet Research, 24(9), e38449. https://doi.org/10.2196/38449 Dalessandro, C. (2018). Internet Intimacy : Authenticity and Longing in the Relationships of Millennial Young Adults. Sociological Perspectives, 61(4), 626641. https://doi.org/10.1177/0731121417753381 Dhir, A., Kaur, P., Chen, S., & Pallesen, S. (2019). Antecedents and Consequences of Social Media Fatigue. International Journal of Information Management, 48, 193202. https://doi.org/10.1016/j.ijinfomgt.2019.05.021 Fatima, K. (2024). A Study of Prevalence and Risk Factors of Digital Eye Strain Among Diabetic and Non-Diabetic Patients. JHRR, 4(1), 13021306. https://doi.org/10.61919/jhrr.v4i1.318 Jang, M.-H., & Choi, E.-Y. (2022). How Will Video Conference Fatigue Affect Participants of MICE in the With-Covid-19 Era ? Focusing on Video Conference Quality, Social Presence Theory, and Flow. International Journal of Environmental Research and
